lombricompost – mise à nu (comme un ver)

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Remise des composteurs à la Mairie.

On a l’habitude chez soi d’avoir des verres, souvent aussi du vert et même certaines des pantoufles de vair. Mais des vers, en général c’est mauvais signe…
Sauf dans le compost !
J’ai obtenu un lombricomposteur offert par la Mairie de Paris en Mars dernier. Je l’ai mis en route le 27 avril avec les vers qu’ils m’ont fournis.

Voila donc mon expérience sur ce démarrage et les questions qu’on me pose le plus souvent :

  • Mais quelle idée ! Pourquoi faire ?

Nos poubelles sont constituées en moyenne de 20 à 30% de déchets organiques (restes de repas, épluchures, thé… etc).
C’est environ 80kg de déchets par an par habitant.
Ils sont plein d’eau, il est donc tout à fait inefficace, voir contreproductif, de les envoyer à l’incinérateur ! Ça coûte de l’argent à la collectivité et ça pollue. D’autant plus qu’ils peuvent être utiles pour nourrir et faire pousser d’autres organismes.

C’était donc important pour moi dans une démarche écologique et pragmatique, mais n’ayant pas de composteur collectif près de chez moi, il a fallu que je trouve une solution individuelle : le Lombricomposteur.

  • « Lombri »… Tu veux dire qu’il y a des vers de terre à l’intérieur ?

Oui, ce sont des lombriciens (et pas des lombrics), ou autrement appelés des vers « Eisenia ». Ils vont accélérer le processus de décomposition des déchets pour reproduire ce qui se passerait au sol d’une forêt par exemple. Ils mangent et digèrent chaque jour la moitié de leur poids.

  • Mais ça doit prendre de la place de ouf, être moche, sale, puant… l’enfer quoi !

NON c’est fait pour. Voila à quoi ressemble le mien. Il est beau non ? (et en plastique recyclé, made in France tout ça…)

City-Worms_72_600x457_ok1_fondAu départ on n’utilise qu’un seul bac gris. Il faut compter une occupation de 40 x 40 cm au sol, et jusqu’à 75 cm de haut.

NON ça ne sent pas mauvais. Déjà, c’est comme une poubelle, si vous ouvrez le couvercle et reniflez, ça sent. Sauf que là, ça sent plutôt la forêt, le sous-bois, voyez ?

NON les vers ne partent pas en voyage dans votre salon. Ils aiment l’obscurité et l’humidité. Pour qu’ils décident de sortir de ce confortable cocon que vous leur fournissez, il faudrait que ce soit sacrément toxique pour eux là-dedans. Et quand bien même, sur le sol sec de votre cuisine ils se dessécheraient avant d’avoir parcouru 1m.

Attention, le système est fait pour l’intérieur. Il vivra très bien dans votre cuisine ou la cave. Si vous voulez le mettre dehors, sur un balcon par exemple, il faut se souvenir que les vers n’aiment pas les températures extrêmes. Il faudra donc les abriter du gel et du soleil direct. Entre 15 et 25°C ils sont bien.

  • OK OK, du coup, on y met quoi ? 

Les vers sont végétaliens. Donc pas de viande, ni poisson, ni produits laitiers (donc pas un reste d’épinards à la crème). Les coquilles d’oeufs bien lavées peuvent avoir un intérêt pour équilibrer l’acidité, mais ils ne les « mangent » pas. En vrai, ces déchets pourraient se décomposer aussi dans le système, mais le processus serait ralenti et leur odeur attirerait d’autres rongeurs et insectes. Le but n’est pas de monter un zoo non plus…

Les vers ont aussi des restrictions alimentaires. Ils ne supportent pas l’excès d’acide donc pas de peaux d’agrumes, ni les trucs piquants (pas d’ail, d’oignons, d’échalottes…)

IMG_4069Les vers n’ont pas de dents ! Il faut donc essayer de leur fractionner les éléments qu’on leur met, ça permettrait au processus de se faire plus vite.

Les vers sont au régime. La décomposition n’est pas synonyme de pourriture. Donc des fruits trop « tapés » qui commencent à moisir et qui ont déjà des petits moucherons qui volètent autour risque de fermenter dans le composteur, dégager de fortes odeurs, chaleurs et favoriser la prolifération des moucherons.
Ils n’aiment pas trop les céréales non plus. Le pain, les pâtes, le riz, c’est peu recommandé.

A part ça, on met tout le reste ! Les épluchures de légumes, les trognons de fruits, les restes de repas sans sauce avec des légumes crus ou cuits, le marc de café et les sachets de thé (avec les filtres en papier même si vous voulez).

On doit y mettre aussi des matières sèches, pour équilibrer le processus. Ça régule l’humidité et structure le tas pour faire circuler l’oxygène. En gros du carton, à part égale des matières organiques. Pour faire simple, on garde une boite sous le machin avec des boutons de cartons en morceaux dedans (emballages non plastifiés, boites d’oeufs mais aussi journal et kraft). A chaque fois qu’on met une poignée d’épluchures, on met une poignée de carton. Voila.

  • Et ça fait beaucoup de compost après ? On en fait quoi ?

Alors si vraiment on compostait les 80kg de déchets humides moyens d’un parisien, on obtiendrait 16kg de compost dans l’année. Mais on n’a bien vu au dessus qu’on ne mettait pas tout ça. Et comme vous faites attention au gaspillage, vous ne jetez presque pas de légumes, et comme vous mangez bio, vous cuisinez avec la peau. Donc en fait, en réduisant le volume de déchets à la source, on ne se retrouve pas sous une montagne de compost 🙂

IMG_4383Et puis c’est long et progressif. On commence à avoir du compost frais après 6 mois environ. C’est un excellent terreau nutritif pour les plantes, en ajout ponctuel ou mélanger avec la terre pour rempoter par exemple. L’occasion de végétaliser votre intérieur ou votre balcon non ?

On récupère par contre plus régulièrement du « thé » ou « jus » de compost. C’est le liquide de l’ensemble qui s’écoule via un petit robinet en bas du machin. C’est un engrais ultra concentré. On peut le mettre dans les plantes mais en le diluant à 1 / 10 d’eau.
Si on en a trop, on peut toujours le jeter dans les canalisations, c’est 100% naturel et ça n’est d’aucun danger pour les espèces marines au bout du tuyaux. Ce sera même nutritif !

  • C’est quand même contraignant pour les vacances non ? 

Les vers vivent la slow life. ils ont besoin de beaucoup moins d’apports qu’on le pense pour survivre. A moins de partir plus de 4 semaines (veinard…) vous n’avez pas à vous inquiéter d’eux en votre absence.

IMG_4379Pour ma part, je suis partie en voyage 10 jours et je n’avais pas mis assez de carton dans mes derniers apports. Du coup en rentrant, le tout était trop humide et de la moisissure s’est développée sur le « tapis » qu’on pose sur le dessus. C’est moche mais c’est pas grave, ça ne gène pas du tout les vers. Les champignons font partie du procédé de compostage. J’ai ajouté du carton pour rééquilibrer ça et j’ai ouvert le robinet pour que l’excédent de liquide s’écoule. Les vers sont bien grouillant là dedans, tout va bien.

Alors, vous vous y mettez ?

Juin – la cerise sur la salade

Bon, je suis toujours en retard sur mon planning de publication… j’ai tellement de choses à vous raconter et tellement peu de temps pour le faire ! Peu importe, il y a des choses qui n’attendent pas : les fruits et légumes du mois !

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Illustration par Claire-Sophie Pissenlit – Accrochez son joli calendrier dans votre cuisine !

Ça commence à sentir l’été ! Petit à petit, les courgettes, les tomates, les poivrons débarquent.

Ma petite madeleine de Proust : la salade de poivrons grillés de ma maman !
Elle prend des poivons rouges et jaunes mais ça marche avec les autres couleurs, les coupe en deux, les vide et les met sur une grille au four (avec une plaque juste en dessous, ça va couler). Elle enfourne à four froid, mode grill, 15 à 20 min, la peau vers le haut qui va noircir. La subtilité c’est de les laisser refroidir dans le four sans ouvrir la porte. Ça permet ensuite que la peau se décolle toute seule ! On tire dessus délicatement, on met la chair dans un saladier avec de l’huile d’olive, de l’ail et des herbes (encore…) et ça déchiiiiiire !

Sinon une petite salade tomates-radis toute simple pour un déjeuner hyper frais et de saison proposé par la Minute Papillon !

 

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Velouté de cosses de petits pois de Gourmandiseries

On profite encore un peu des asperges mais plus pour longtemps et on se régale encore de petits pois frais. J’ai tenté hier la soupe de cosses de petits pois sur les conseils d’une amie, une chouette expérience !

Je me suis inspirée de cette recette mais j’ai remplacé les oignons par de l’ail nouveau par contrainte personnelle.
Il faut surtout bien filtrer après le mixage : Même quand on a bien effilé au départ, il en sort un paquet de foin !

 

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J’en ai aussi profité pour ne pas jeter les épluchures des pommes de terre : 10 min au four à 200°C avec de l’huile d’olive, du sel et du paprika fumé, ça fait des chips du tonnerre !

 

Juin c’est aussi la folie des herbes aromatiques. On va pouvoir en mettre partout : préparer des petits plats tout simples et leur donner beaucoup de saveurs avec des bouquets frais de thym, de coriandre ou de ciboulette. On peut faire aussi du « beurre d’herbes » pour assaisonner, comme par exemple dans cette recette.
Et le bonus, c’est que ça parfume aussi très bien les boissons : de la menthe ou du basilic dans un smoothie, un thé glacé ou même simplement dans la carafe d’eau, c’est hyper rafraichissant !

On continue la surdose de fraises (toujours bio, c’est important) et petit à petit on va voir arriver les autres fruits rouges et les cerises qui débarquent. C’est magique ça non ? De retour d’Islande, j’ai découvert là bas qu’ils mettent systématiquement des fruits rouges dans les salades, ça marche très bien. Notamment s’il y a un peu de poisson ou de langouste dedans (oui oui, rien que ça, mais ils en ont une sacré spécialité dans les ports du Sud de l’île).

Version plus italienne proposée par le magazine de LaRucheQuiDitOui!,
ça n’a pas l’air mal non plus :

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Salade franco-italienne mamma mia de LaRucheQuiDitOui!

 

Et toujours idéalement en bio mais si c’est pas possible, il vaut mieux manger des légumes pas bio à tous les repas que pas de légumes du tout 🙂

 

Volaille – épisode 1 : l’oeuf

Je vous arrête tout de suite, je n’ai pas l’intention d’élucider ici lequel de l’oeuf ou de la poule est arrivé en premier. En revanche je vais essayer de vous parler de leur vie et de comment choisir ceux que nous mangeons.

Beaucoup de gens ont entendu parler maintenant du marquage des oeufs mais savez-vous vraiment à quoi il correspond ?oeuf-250x211

Bon je ne vais pas m’étendre sur le pays d’origine, je vous recommande évidement de les prendre français. On va plutôt regarder en détails le numéro correspondant au mode d’élevage. Ils vont de 0 à 3.

Compte-à-rebours :

3 : la batterie (68% des poules pondeuses en 2016 en France)
Des poules par milliers dans des cages étroites (l’équivalent d’une feuille A4 par poule), et confinées, sans accès à l’air ou la lumière extérieure. Beaucoup de maladies, des antibiotiques à gogo, des combats entre elles, énervées par ces conditions horribles, des excréments hyper toxiques pour les sols qui récupèrent les eaux de nettoyage.
= des oeufs pas chers mais à quel prix…

2 : au sol mais enfermées (6%des poules pondeuses en 2016 en France)
A peu près le même principe qu’au dessus mais les poules sont au sol, 9 d’entre elles par m2. Le hangar n’a pas de fenêtre et la lumière artificielle les empêchent de dormir.

1 : enfin de l’air ! (13% des poules pondeuses en 2016 en France)
Même surface dans le bâtiment, mais avec en plus un accès à l’extérieur pour qu’elles gambadent. Autant vous dire que c’est un terrain vague, pas très bucolique.

1 label rouge : Du bon manger (5% des poules pondeuses en 2016 en France)
Le 1er stade où on s’intéresse à ce qu’elles mangent. Ici seulement du végétal.
Le label garantit également un peu plus d’espace extérieur et limite le nombre total de poules dans l’élevage.

0 : Pas d’OGM (8% des poules pondeuses en 2016 en France)
Même principe que Label Rouge, mais en plus leur alimentation est à 90% bio et garantie sans OGM (bah oui parce que sinon Monsanto veille au grain…)

Dans tous les cas, bio ou pas bio,

  • chicksla loi de la nature veut que seules les femelles pondent des oeufs, donc dans les élevages de poussins, les mâles sont éliminés (je vous épargne le lien vers la vidéo)
  • Les pondeuses restantes se verront couper le bout du bec (pour réduire lesblessures) et abattues au bout d’un an, quand le rythme de ponte diminue trop pour être rentable…
    (sauf chez Poule House qui bichonne ses poules jusqu’à la fin, mais il faut payer le prix de leur retraite !)

Vous l’aurez compris, si on peut avoir des poules chez soi, c’est le summum du luxe et de la garantie de la qualité des oeufs et de la vie des poules. Sinon, on prend du bio ou du label rouge.

Et souvenez-vous que la grande majorité de la production française d’oeufs est en batterie. Même si ce ne sont pas ceux que vous achetez (et d’ailleurs de plus en plus de supermarchés arrêtent de les vendre), ce sont ceux qu’on retrouve dans les préparations de produits transformées industriels (pâtisseries, biscuits, plats préparés, quiches etc…), dans la plupart des omelettes de cantines d’entreprises, dans les crêperies et autres brasseries du coin… Osez poser la question au serveur !

Prochain épisode, on parle de comment bien choisir son poulet. Et d’ici là, je vais me faire cuire un oeuf !

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Mai – ramène ta fraise (un peu)

Oulala, le temps est passé tellement vite !! Je ne vous ai rien publié depuis les fruits et légumes d’Avril qu’il est déjà temps de passer à ceux de Mai ! Comme quoi quand il fait beau, on profite plus…

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Illustration par Claire-Sophie Pissenlit – Accrochez son joli calendrier dans votre cuisine !

Bon moi je continue à m’éclater avec les asperges (sautées au beurre huuuum), les radis et les petits pois (même si c’est long à écosser, c’est tellement bon les petits pois frais…) Mais ce mois-ci, on va commencer à se faire sérieusement plaisir ! Et pas besoin de recettes sophistiquées, des produits tellement bons naturellement qu’on les mange comme ça, tous nus.

  • Les fraises. Enfin, c’est le début de la « vraie » saison des fraises. Quand elles sont bonnes, elles n’ont besoin de rien : à croquer nature, éventuellement en salade avec juste un filet de citron (ou un sorbet à la verveine de maman) c’est le bonheur.
    Si elles commencent à être trop mûres, hop, un pti mixage et l’accord devient parfait avec un reste de granola.

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Pour ma part je viens de tester les fraises Agricool. Je me suis inscrite par curiosité il y a plus d’un an (peut-être 2 ?) sur leur site pour tester le fruit (hoho) de ce mode d’agriculture urbaine.

Dans un gros container (ou « cooltainer » dans leur jargon), des fraisiers en rangées monitorées pour un équilibre parfait de l’eau, de la lumière via LED, des nutriments, des bourbons pollinisateurs…

Alors ça n’est pas la solution à tout, mais c’est toujours une alternative de plus pour des fruits gouteux (oui oui, elles étaient bonnes et croquantes), sans traitement, ni OGM, ni transport.

  • Sinon, on voit aussi débarquer les petits artichauts violets, ma passion. C’est pas évident d’en trouver des français, ils sont souvent chers mais c’est un bonheur, quand ils sont encore tendres, de les couper en lamelles et de les faire juste sauter avec de l’huile d’olive et du sel..

Pour plus d’inspiration, des recettes sympas sur le magazine de LaRucheQuiDitOui! comme celle-là par exemple, la cocotte d’artichauts aux pâtes :

 

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Cocotte d’artichauts aux pâtes

 

  • On va trouver aussi de la roquette et des concombres, mais eux je crois pas que j’ai besoin de vous dire comment les préparer, si ?
  • Et enfin, il parait que c’est la saison de la rhubarbe, mais en l’occurence je n’en ai jamais cuisiné (je crois même que je n’en ai jamais mangé en fait). Si vous avez des tips je suis preneuse !

Bon et sinon, on va commencer à voir aubergines, tomates, courgettes sur les étals et dans les magasins. Méfiez-vous ce n’est pas encore tout à fait le moment, donc elles risquent de venir de loin et/ou avoir peu de goût. Soyez patients chaque chose vient à son rythme !

Promis, j’attends pas le calendrier de juin pour vous poster de nouvelles choses. Dans mes brouillons, je vous parle de poulet et de pain au moins. Vous avez d’autres requêtes ?

D’ici là, bon appétit surtout !

Avril – ne te découvre pas d’un petit pois !

C’est pas parce qu’on a passé le week-end à s’empiffrer de chocolat qu’on doit oublier le plaisir aussi attendu (oui oui) des légumes de Printemps !

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Illustration par Claire-Sophie Pissenlit – Accrochez son joli calendrier dans votre cuisine !

Ça y est, on va pouvoir recommencer à s’amuser avec les légumes. J’avoue j’adore les courges, mais la boucle soupe de courge / purée de courge / courge rôtie… j’en ai ma claque.

Débarquent ce mois-ci plein de feuilles vertes, les asperges, les petits pois et les radis. C’est la fête non ?

Personnellement j’ai redécouvert l’année dernière la joie d’écosser les petits pois (en vrai, c’est long mais je trouve ça vraiment rigolo. A faire à deux, avec un petit apéro, pendant qu’on se raconte nos journées) et surtout le plaisir de leur goût !
Ils vont bien tous seuls, en duo classique avec les carottes, en purée avec du lard ou dans le classique riz cantonnais (ou une option moins classique).
Moi je les adore pas trop cuits dans la cocotte, avec des épinards frais, c’est un régal. Et si c’est fête, mélangez ça avec des gnocchis et un peu de fromage de chèvre… Hmmmmm !

Les asperges se suffisent pas mal à elle-même, encore croquantes juste à la vapeur avec une petite vinaigrette (ou une anchoïade), ou revenues à l’étuvée pour agrémenter un plat de spaghettis… Sans parler de leur incontournable présence dans le risotto.
Une chouette recette de version végétalienne proposée ici

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Enfin n’oubliez pas que tout est bon dans le radis, même les fanes ! Pas de déchet en cuisine quand on en fait aussi une soupe, ou un pesto maison…

Sinon vous pouvez aussi mélanger plusieurs sortes et les râper comme proposé dans cette recette.

Et bien sûr on achète tout ça le plus local possible (France au moins, plus près si vous pouvez), idéalement bio, surtout pour les légumes qu’on mange entier !

Allez, ça m’a donné faim tout ça… A taaaaaable !

Café – jetez les capsules

Lorsque nous avons démarré nos consultations, A. commençait ses journées avec 3 cafés dans sa machine à capsules avant de partir au boulot. On a donc tout de suite attaqué ce sujet, pour tout l’impact que ça représentait sur l’environnement, sur sa santé et sur son porte-monnaie !

Quel est le problème ?

  • D’abord, la matière et l’énergie gaspillées :

Les capsules de café à usage unique génèrent énormément de déchet. (1 milliards de dosettes par an en France, vous imaginez?)

capsules« oui mais on peut les rapporter pour qu’elles soient recyclées » me direz-vous.
Sur le principe, pour les capsules Nespresso c’est exact. En réalité, je vous invite à regarder ce docu de France 2 qui explique bien les limites du soi-disant « recyclage » des capsules d’aluminium (très peu de centres équipés du matériel nécessaire, énergies nécessaires, transport…).

Bon dans le cas présent, A. utilisait des capsules de marque Carrefour, donc en plastique.
Sans parler du marc de café qui n’est pas exploité et pourrait être au mieux composté.

  • Ensuite, la qualité :

Une dosette de supermarché contient du café de qualité variable, souvent mélangé, peut-être traité avec des additifs étranges, torréfié et moulu il y a tellement longtemps dans le cycle de distribution que la plupart des arômes subtils du café ont disparu.

Bref, le goût est moyen et souvent, il fait mal au ventre…

Pour aller plus loin sur la question santé, je vous invite à lire le crash-test sur le déca écrit par Marie-Alix Bapt, ma naturopathe préférée, pour la Minute Papillon.

  • Enfin, le coût :

A. payait environ 2,6€ la boite de 10 capsules en supermarché, soit un peu plus de 50€ le kilo. Ou si on ramène à un paquet de café de 250g (ce qu’on trouve le plus dans le commerce), disons 13€ pour l’équivalent d’un paquet de café.

En restant toujours en supermarché, le paquet de café Carrefour « chic » est à 2,90€ et le carte noire à 3,50€. Perturbant non ?
Quand on voit que même le paquet de Malongo équitable est à 3,60€ et le Carrefour bio à 3,90€, on se demande vraiment si la praticité de la capsule vaut vraiment ces prix X3 !

Alors quelle est la solution ?

  • Méthode Slow Coffee

frenchpress.jpegCertains vont tenter les capsules réutilisables, qu’on remplit soit même de café moulu. J’avoue que je n’ai aucun retour d’expérience sur le sujet, si vous en avez, je suis curieuse ! D’autres investissent directement dans un percolateur. Mais le budget et la place nécessaire ne sont pas à la portée de tous.
filtreSinon, on abandonne la machine Nespresso et on revient à une extraction douce, à filtre type chemex ou v60 comme les puristes (c’est mon cas) ou à piston notamment.
Ça tombe bien, A. est déjà équipée d’une cafetière piston (ou aussi appelée « frenchpress », genre la Bodum que tout le monde connait, vous voyez ?).
Alors oui, il faut faire bouillir de l’eau et la verser dans la cafetière, c’est moins immédiat que d’appuyer sur un bouton.

Mais il n’y a aucun déchet ! On met ensuite le marc de café dans les plantes, dans le compost, dans le frigo pour absorber les odeurs, de temps en temps dans l’évier pour nettoyer les canalisations, dans la douche pour se faire un gommage, ou sur un vieux meuble en bois foncé abimé ! Produit magique non ?
En plus, la frenchpress peut aussi servir de théière quand on achète des feuilles en vrac (idéal !) et qu’on n’a pas de filtre ou passoire !

  • Le bon café

A Paris on a la chance d’avoir un retour de la mode du coffee shop et avec eux fleurissent les brûleries et torréfactions de quartier. On y achète donc un bon café de spécialité qui a été torréfié récemment et il est moulu au moment de l’achat. Il a donc beaucoup d’arômes, un bonheur de renifler le paquet ! Et ce goût… On redécouvre le vrai goût du café ! Je trouve le mien à la brûlerie de Jourdain, magnifique boutique rétro et toujours de bon conseil, à la brûlerie de Belleville qui fournit pas mal de coffee shop, ou chez Esperanza, qui torréfie à Saint-Denis et distribue dans plusieurs boutiques et cafés également.
Près de chez A. il y a aussi The Beans on Fire qui fait torréfaction et café sur place.

Alors oui, ces endroits font du café un peu plus cher, entre 6 et 14€ le paquet de 250g classique. La plupart d’entre eux travaillent en direct producteur, avec une rémunération juste des exploitants. Rappelons nous le prix des capsules ! 13€ l’équivalent d’un paquet de 250g.

Mais si comme A. vous préférez acheter votre paquet de café dans votre lieu de courses habituelles, pensez à vérifier qu’il n’y a pas d’additifs, qu’il est équitable (les petits producteurs de café méritent de vivre de leur travail) et bio c’est l’idéal, pour eux et pour vous.

Alors A. elle en pense quoi de ce changement ?

Pour moins cher, je bois maintenant un café au meilleur goût et qui sent le bonheur. J’essaie plusieurs marques de café du Bio c’ Bon pour varier les plaisirs.
Il faut laver la cafetière à piston ce qui est un peu plus contraignant que les capsules mais franchement ça n’est pas grand chose.

 

Il est donc encore possible et grand temps, pour un budget plus léger, d’avoir du café de bien meilleur qualité, qui a plus de goût, génère moins de déchets, rémunère correctement les producteurs et soutient des commerces de quartier et artisans locaux au lieu de remplir les poches des grands industriels moins scrupuleux.

Ça vaut le coup de réfléchir à deux fois avant d’appuyer sur le bouton de la machine non ?

Photos on Unsplash

Plastiques – J’en fais quoi ?

Lors de nos premiers échanges pour définir les pistes d’amélioration avec L.&E. nous avons beaucoup parlé de gaspillage et de déchets. Une de leur préoccupation est de trier correctement, mais les règles et les variantes locales autour du plastique ne sont pas claires. Alors voila un petit récap :

Consignes de tri

Le plus important pour démarrer c’est de regarder les consignes de votre région. A Paris, les poubelles jaunes reçoivent « les bouteilles et flacons en plastique ». C’est assez explicite, on comprend donc qu’on n’y met pas les sacs plastiques, films, pots de yaourt… c’est restreint ! En gros, tous les plastiques épais et un peu rigides sont recyclés. Les autres sont trop fins pour que leur recyclage soit rentable.

Les différents types de plastiques

Il existe 7 types de plastiques différents. J’ai potassé plein d’articles détaillés pour vous expliquer la différence entre les 7, mais en vrai, ça sert à rien.

Retenez que ceux qu’on sait recycler en France aujourd’hui sont :

  • les n°1 (PET) mais attention seulement les transparents
    bouteilles d’eau, de gel douche par exemple.
    Attention ces plastiques sont conçus pour un usage unique. Ils ne doivent pas être re-remplis car ils larguent des composants toxiques en vieillissant.
  • Les n°2 (PEHD).
    bouteilles de lait, de shampooing.

Attention faux-ami : Seuls les PET (1) transparents sont recyclés aujourd’hui. Les PET opaques (1) qui ressemble aux PEHD (2) ne le sont pas. C’est le cas de certaines bouteilles de lait récemment mises sur le marché, plus brillantes et sans opercule que les anciennes. Zero Waste france a même fait une campagne sur le sujet. Plus d’infos ici

Comment les reconnaitre ?

Sous la bouteille et la barquette, dans le relief du plastique il doit y avoir un petit triangle de flèches avec le chiffre au milieu.

plastique

Les solutions ?

Le plus efficace est d’abord de supprimer le plus de plastiques possibles à la source : des tote bags pour les courses, des jolies gourdes pour l’eau, refuser les pailles et les couverts jetables, choisir les produits les moins emballés, idéalement en vrac et on va chez le traiteur chinois avec sa boite réutilisable.

Et quand on a effectivement du plastique, on cherche le petit triangle et on le met dans la bonne poubelle !

 

Rappel : pourquoi le plastique c’est mal ? 

D’abord, le plastique est fabriquée à partir de dérivés pétrochimiques. Ça veut des des ressources limitées pour des produits très généralement à usage unique ou inutile.
Ensuite on s’en débarrasse : Chaque année environ 8 millions de tonnes de déchets sont déversés dans les océans, dont 70% de plastique. Créant petit à petit ce qu’on appelle des « continents plastiques », énormes amas de déchets flottants au milieu de eaux. Perturbant les organismes vivants, empoisonnant certains poissons, mammifères et oiseaux.
On estime qu’en 2050 il y aura plus de plastique que de poisson dans nos océans. C’est flippant, sans parler du plastique qui revient jusque dans nos assiettes via les poissons qui l’ont mangé ! « Bien fait pour nous » me direz-vous !

Pour aller plus loin, un super article de Surfrider Foundation ici