Un petit café à la rentrée ?

5–7 minutes
préparation de café en grain puis moulu et un joli art latte

On entend tout et son contraire sur le café. Alors, c’est bien ou c’est mal ? Comme d’habitude je suis là pour vous répondre : ça dépend !

La nuance c’est un peu le coeur de ce que j’essaie de vous partager. Spoiler, la morale est toujours un peu la même à la fin de l’histoire : la qualité vs la quantité. 

LE CAFÉ A PLEIN DE VERTUS

  • la caféine, quand on en a besoin, réduit la fatigue et permet de stimuler la vigilance, la concentration et la mémoire.

Avant de prendre la route par exemple, c’est plutôt une bonne idée.

  • Il y a aussi de nombreux polyphénols dans le café, aux effets anti-oxydants et anti-inflammatoires et de nombreux oligo-éléments (des vitamines du groupe B, du magnésium, du potassium…) :
    On retrouve des effets positifs à un bon café sur la santé cardio-vasculaire, le diabète, des maladies d’Alzheimer ou Parkinson…
    Il réduit les migraines légères et les douleurs en général (il augmente même l’action du paracétamol quand on en prend).

! Attention ! Le sucre dans le café réduit l’absorption des antioxydants, c’est dommage.

MAIS il a bien entendu aussi des défauts

La caféine ne fait que masquer temporairement la fatigue. Elle ne la supprime pas. Elle ne permet pas de récupérer, et le coup de barre peut se faire sentir plus fort une fois ses effets dissipés.

De plus, nous n’avons pas tous la même sensibilité aux différent actifs du café : certains ne dormiront plus du tout, d’autres auront mal au ventre, ou encore des palpitations.
Cela peut-être dû à une différence génétique, ou à des difficultés de santé individuelle : intestin irritable avec muqueuse inflammée, foie au ralenti…

Il amplifie les reflux chez les personnes sensibles ou en crise, et est difficile à tolérer pour ceux qui ont des difficultés hépatiques ou biliaires. 

Enfin, il faut garder également en tête que le café perturbe la glycémie : commencer la journée avec un café à jeun, c’est risquer des montagnes russes d’énergie toute la journée, avec des gros creux de la vague qui appelleront un autre café pour un coup de boost rapide, et ainsi de suite…le cercle vicieux !

! Attention ! la caféine isolée du café a des effets secondaires plus particuliers que lorsqu’elle est consommée dans la boisson, notamment sur l’hypertension par exemple. 

Et la culture du café, ça se passe bien ? 

On ne va pas se mentir : le café, ça ne pousse pas chez nous. 
C’est fascinant comme un produit aussi « exotique » a pu s’installer comme un standard de notre alimentation quotidienne, un réflexe pour tant de monde, alors qu’il est si rare. 

(pour l’histoire, le café débarque à la Cour du Roi de France sous Louis XIV. Il sera consommé par quelques élites parisiennes ensuite avant de se démocratiser en ville, puis d’atteindre les zones rurales au 19e siècle)

Le caféier est un arbuste de sous-bois qui pousse naturellement autour de l’équateur. Il produit des petits fruits, des « cerises », qui contiennent les grains verts qu’on utilisera ensuite pour la torréfaction. Les cerises ne sont pas toutes à maturité en même temps sur un même arbre, la récolte mérite donc des passages fréquents en bord de forêt pour ramasser à la main les fruits mûrs. 

Je vous laisse imaginer qu’au volume qu’on consomme, on a largement rasé des forêts pour créer des champs de caféiers en plein soleil, qu’on récolte tous le même jour à la chaine. Je vous passe les étapes ensuite de tri, nettoyage ou transformation qui sont plus ou moins minutieuses selon la taille de l’exploitation (et ses intérêts). 
Les perspectives du changement climatique en cours permettent d’estimer une baisse de 50% des surfaces propices à la production de café d’ici 2050, alors que la demande ne fait qu’augmenter. 

Au delà de l’environnement, il suffit de regarder la carte des producteurs vs. les consommateurs pour comprendre qu’il s’agit d’un symbole parfait de la colonisation et de comprendre rapidement que ceux qui gagnent le plus dans notre consommation de café, ce ne sont pas les paysans éthiopiens…

Est-ce une dynamique que l’on a vraiment envie de continuer à alimenter ? 

« Ohlala ! OK mais… je peux pas m’en passer moi »

Pour moi il y a déjà 3 points à distinguer dans votre consommation de café : 

  1. Vous buvez du café par « besoin »
    Un organisme équilibré et en bonne santé ne doit pas avoir BESOIN de café pour fonctionner au quotidien. Un petit coup de pouce ponctuel pourquoi pas, mais si vous ressentez que sans votre café vous ne pouvez pas passer une journée normale, c’est que quelque chose est déréglé plus en profondeur. C’est sur ÇA qu’il faut travailler (et ça tombe plutôt bien, je suis là pour ça, et vous laisse regarder en bas les infos de prise de RDV !)
  2. Vous êtes un buveur social
    Un petit café à la machine avec les collègues, ou au bistrot avec des copains. C’est la facilité. Réduire le café ne veut pas dire se priver de ses moments d’échanges. Venez avec votre gourde ou commander une autre boisson, promis, ça ne change rien à la qualité (ou non) du partage. 
  3. Vous aimez vraiment ça
    Dans ce cas, nous n’aurez pas de difficulté à faire une sélection pointue pour votre consommation. Explorez les petits torréfacteurs, dégustez différents crus dans le coffee shop du coin, et faites-en un plaisir de connaisseur !

Globalement, mes recommandations seraient : 

  • Buvez du café en conscience et pas par automatisme.
    Faites en une boisson de grandes occasions plutôt qu’un réflexe machinal ?
  • Choisissez du café de grande qualité : 
    petites marques de café de spécialité, torréfaction douce,
    équitable et bio quand c’est possible
  • Ne buvez pas votre premier café à jeûn, toujours après un petit déjeuner (protéiné bien sur)
  • Et arrêtez de boire du café au-delà de 14h
  • 3 cafés par jour c’est un max

Pourquoi pas explorer des boissons alternatives au café pour retrouver le plaisir de la boisson chaude et réconfortante, et varier les apports : 
chicorée, yannoh (à base d’orge), poudre de dattes… mais aussi simplement du thé, des infusions de plantes ou d’épices.

On m’a interrogée plusieurs fois sur les produits à la mode à base de champignons et autres plantes adaptogènes. Honnêtement, il y a des vertus intéressantes à certains composants, mais le niveau de preuve reste faible, les contre-indications existent, il y a quand même du café dedans, et d’après moi ces produits ne devraient être pris ni en même temps, ni à n’importe quel moment de la journée. 
Bref, c’est pas inintéressant mais à adapter au contexte de chacun.e, et surtout… ça ne me parait pas valoir le prix que c’est vendu !

et vous ? combien de café par jour en moyenne ?

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