Pain de mie, pas d’ami

Tellement de personnes autour de moi (dont certaines que j’ai pu accompagner vers une alimentation responsable) ont dans leur cuisine (souvent au frigo d’ailleurs) un sachet plastique rempli de tranches de pain de mie. Parce que c’est moelleux, parce que c’est pratique d’avoir des tranches toutes prêtes, parce que ça se conserve longtemps, pas besoin d’aller faire des courses tout le temps, parce qu’à l’heure où ils font les courses, la boulangerie est fermée, pas le supermarché…
Vous voyez l’idée. Mais vous voyez aussi où je veux en venir : 
Le pain de mie, c’est mal 🙂
Et je dis « pain de mie » parce que c’est un raccourci facile, mais ça s’applique à tous les pains blancs et tous les pains industriels (oui, même s’il est bio et complet)

DE LA FARINE ET DE L’EAU

La base du pain, en gros c’est de la farine et de l’eau, et une pointe de sel. Et éventuellement de la levure, mais c’est même pas obligatoire.
Alors pourquoi les listes d’ingrédients sur les paquets de pain de mie indiquent au moins 7 ingrédients ? 
Par exemple sur un « pain de mie américain » : Farine de BLÉ 65%, eau, sucre, huile de colza, sel, vinaigre, levure, farine de fèves, gluten de BLÉ, arôme (contient alcool), extrait d’acérola.
Ce n’est même plus un sucre lent mais des ingrédients tellement transformés que c’est un bon shoot de glycémie. Et vous qui pensiez tenir toute la matinée avec cette tartine…

Le problème du pain « industriel » aujourd’hui c’est donc qu’il n’a rien à voir avec le pain digeste et nutritif de notre tradition gastronomique : Peu d’intérêt nutritionnel et beaucoup de gluten et de sucre, quelques additifs étranges… 

« ouais mais je suis pas intolérant au gluten moi, je m’en fiche pas mal de ça »
Alors oui et non. Effectivement, on n’est pas tous malades et pliés en deux quand on mange du gluten. Sauf que le problème c’est qu’il y en a de plus en plus, partout et en grande proportion. Parce que le gluten c’est ce qui rend le pain moelleux et surtout la pâte élastique. Suffisamment élastique pour être pétrie par des gros mécanismes automatiques et non par les mains vigoureuses du boulanger.

Conséquences ?
– Pour la planète : la sélection des types de blés qui donnent le meilleur rendement de gluten a réduit considérablement l’éventail de types de céréales qu’on cultive. C’est terrible pour la biodiversité.

– Pour la santé : la sur-proportion d’un nutriment peut créer des excès pour l’organisme et sensibilités, et inversement des manques de nutriments qu’on trouvait dans la variété. De plus le gluten est un élément inflammatoire, systématiquement déconseillé dans les maladies chroniques inflammatoires (intestins irritables, endométriose…) et souvent amplificateur de troubles ORL.

Donc, le pain industriel c’est une composition louche, mais aussi beaucoup d’emballages plastiques (non recyclables), sans parler d’un transport important et de l’argent qu’on donne aux grandes enseignes et marques industrielles, alors que le boulanger du coin a des fins de mois difficiles.

« Oui mais moi j’achète ma baguette chez le Boulanger, tout va bien ! »
Oui et non. La plupart des boulangers n’ont plus rien de l’image traditionnelle de celui qui se lève au milieu de la nuit, pétrit son pain avec amour, le laisse lever des heures et le sort tout chaud du four à 7h du mat’ pour votre petit-déj.
Un dur labeur qui n’a plus beaucoup la côte ! A la place, les boulangeries reçoivent des mélanges de farines additionnées de gluten, levures et autres éléments pour faciliter le pétrissage en machine et la levée rapide. 
Donc retour à la case du dessus, le sachet plastique en moins me direz vous…

ALORS QUOI ? ON ARRÊTE LE PAIN ?

Eventuellement, c’est une option. En tout cas ça ne peut pas faire de mal d’éviter de se bourrer l’estomac de nutriments vides et inflammatoires. Le pain doit rester un complément, un support. Une demi-baguette par personne à chaque repas n’est pas un réflexe vertueux.

Sinon, on cherche un vrai boulanger. Déjà il doit être « Artisan Boulanger » pour indiquer que le pain est fabriqué sur place (et non reçu prêt à cuire ou à décongeler). Et posez lui des questions pour savoir comment il travaille. Pour aller plus loin sur cet aspect, un chouette article sur Basta.
Ensuite on préfère le pain au LEVAIN, plutôt qu’à la levure. Ça veut dire qu’il a levé par fermentation naturelle lente (5h minimum), et non par réaction chimique rapide. Ça fait un pain beaucoup plus digeste, plus dense et un peu plus acide au goût. 

On peut choisir des pains avec des farines variées (blé, seigle, épeautre, kamut etc…), à la fois pour changer les apports nutritionnels, le plaisir, mais aussi soutenir des filières de cultures de céréales différentes, des blés anciens etc…
Oui ça coûte un peu plus cher, mais ça a plus de goût, c’est meilleur pour la santé et comme vous en mangez moins de toute façon, vous vous y retrouvez !

Et pour la praticité, vous pouvez le demander tranché et le mettre au congel. comme ça le matin, hop, juste une tranche au grille-pain et c’est parti ! On n’achète du pain frais qu’une fois par semaine et il est chaud tous les matins. Magique, non ? 

ET LE FAIRE SOI-MÊME ?

Oui c’est possible ! Même sans robot sophistiqué ni machine à pain.  C’est d’ailleurs délicieux, hyper satisfaisant et très économique. Mais ça demande un peu d’organisation.
Et de prendre soin de son levain !
Je fais ça depuis presque 9 mois maintenant. Je vous en fais un autre article vite. Promis.

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